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L’élection du nouveau président de la Fédération algérienne de football (FAF), monsieur Charaf-Eddine Amara (56 ans), a animé ces derniers jours une grande partie de l’actualité footballistique algérienne. Élu à la majorité absolue le 15 avril dernier (75 voix pour et 13 voix contre) pour le mandat olympique 2021-2025, le nouveau patron de l’instance fédérale s’est lancé un défi de taille, celui de donner un nouveau souffle au football national, une nouvelle dimension.
Un CV qui en dit long, un parcours révélateur
Occuper un poste à grandes responsabilités nécessite de nos jours d’être qualifié pour cela et un certain bagage intellectuel. Et concernant CEA, ce dernier traîne derrière lui un enseignement riche et digne de ce nom, lui qui a étudié la finance, le droit international et le droit des affaires (Panthéon-Sorbonne-2). Titulaire d’un magistère en administration des affaires de l’école des études supérieures de Lille, un diplôme international en management, le natif de Ouenza (Tébessa) ne manque guère de qualifications et de formations.
Passé par la société publique Ferphos d’exploitation de fer et de phosphate à Annaba, en tant que Directeur, puis nommé directeur-adjoint du site d’El Khroub à Constantine de la SNTA (Société Nationale des tabacs et allumettes), il se hisse au rang de PDG du groupe Madar (ex-SNTA), un holding Algéro-Emiratis. Une fonction qui le propulsera dans le monde du football et qui lui ouvrira les portes d’un club de Ligue 1 professionnel, le CR Belouizdad en l’occurrence, dont il deviendra président.
Un adepte de la stabilité, une approche moderniste dans la gestion du football  
Porteur d’un nouveau programme pour le développement et la progression du football Algérien, sans pour autant négliger ce qui a déjà été concrétisé, il est un véritable adepte de la stabilité. Une philosophie réformiste qui s’inspire de la modernité et de la performance, qui lui permettra non seulement de gagner la confiance de tous les acteurs du football national, mais aussi de pouvoir compter sur leur soutien, lui qui veut entamer en force son mandat.
En termes de gestion et d’organisation du football, le nouveau boss de la FAF ne cache pas ses prétentions, se basant sur un modèle académique et scientifique. Un programme très riche, axé sur onze points essentiels, à savoir : la refonte structurelle, le développement du football, la formation, le respect du jeu, le développement des infrastructures, les partenariats, la gouvernance, les relations internationales, la médecine du sport, le marketing, la communication et la vie associative. Quoi de mieux qu’une bonne gouvernance afin de donner un nouveau souffle à la Fédération et au football algérien.
Un grand chantier en perspective, où l’amendement des statuts de la FAF, la formation, la réhabilitation du football national, les conflits SSPA/CSA et le professionnalisme forment déjà l’essentiel de ce nouveau challenge, en vue de gagner la confiance populaire et d’être en harmonie avec l’opinion publique.

Charaf-Eddine Amara : « Je suis venu rassembler la famille du football national »
Comme cela a été le cas pour ses prédécesseurs, Amara n’a pas été épargné par les critiques, concernant les conditions qui ont entouré son élection lors de l’Assemblée Générale Elective du 15 avril dernier. Des jugements infondés selon les dires du néo-président de la première instance footballistique algérienne, qui dément une soi-disant ingérence politique dans sa prise de fonction. « Le pouvoir politique ne s’ingère pas dans le football et dans la gestion du sport, ce qui fait qu’on ne peut pas dire, ni présumer que le pouvoir s’ingère ou est intervenu dans le choix d’un candidat. Je l’ai dit clairement, je ne suis le candidat de quiconque ou d’une quelconque partie. Je suis le candidat qui a été encouragé par cette assemblée. Il y a eu des discussions, oui, cela se passe dans toutes les démocraties du monde. Il y avait trois candidats, et ces trois candidats ont penché vers l’intérêt du football algérien, ils ont joint leur liste à notre cause. Nous l’avons fait de cette façon. J’ai expliqué auparavant comment on est arrivé à ce point-là », a-t-il expliqué à l’Assemblée, dans une allocation prononcée avant le passage à l’urne, niant de ce fait toute pression ou influence du gouvernement algérien.
« Mon objectif est de rassembler la famille du football algérien. Je suis venu pour servir le football national et propulser la balle ronde algérienne dans le concert des grandes nations du football mondial. Mon regard sur le Bureau Fédéral et ses membres se basera sur l’expérience et la compétence. Il se basera aussi sur d’autres critères, dont la représentation nationale. Nous avons des clubs et des Ligues sur tout le territoire national. Je ne considère pas que l’ancien BF comme ayant échoué, je ne nie pas ce qu’il a réalisé. Je suis venu pour travailler dans la continuité de ce qui a déjà été bâti et améliorer ce qui doit être amélioré, il n’y a donc pas d’élimination en ce qui concerne la composition du Bureau Fédéral », a-t-il ajouté sur les critères qui l’ont amené dans ses choix sur la composante de son Bureau Fédéral.
Rencontre avec Belmadi, quand l’union fait la force

Dans le souci de préserver ce porte-drapeau qu’est la sélection nationale, son premier tête-à-tête avec le sélectionneur national Djamel Belmadi, le 28 avril à l’hôtel Ritz Carlton de Doha aura été plus que fructueux. Étant tous deux des fins connaisseurs des fondements et principes du management, c’est sur la même longueur d’onde que les deux hommes ont entrepris de s’unir sur un même objectif, celui de hisser le football algérien encore plus loin. Mettant ainsi fin à la rumeur d’un éventuel départ de Belmadi, qui entreprenait une bonne relation avec le partant Zetchi, cette rencontre Amara-Belmadi s’est déroulée dans une ambiance très conviviale.
Comme mentionnée sur le site officiel de la FAF, « Pendant cette rencontre, les deux hommes ont fait un large tour d’horizon sur les objectifs de la Fédération et de l’équipe nationale A et ont fait le point sur plusieurs sujets d’actualité, notamment la préparation des deux matchs des éliminatoires de la Coupe du monde 2022 prévus début juin face à Djibouti et au Burkina Faso ». De quoi rapprocher davantage le coach et son président, en prévision des échéances futures qui attendent les Verts.
« J’ai rencontré le sélectionneur national Djamel Belmadi, et il sera présent à la fin du mois prochain en Algérie. Belmadi va commencer les préparatifs des rencontres contre le Djibouti et le Burkina Faso, et nous lui fournirons toutes les conditions pour continuer à récolter des résultats positifs. La rencontre a été longue, et nous avons convenu de tout prévoir pour l’équipe nationale afin de relever les défis qui l’attendent dans le futur », avait déclaré Amara à la radio nationale Chaîne I, vendredi dernier.
Les président de la FIFA et de la CAF adhèrent déjà à sa vision
La cérémonie du tirage au sort de la coupe arabe à Doha ne pouvait tomber mieux pour CEA. L’occasion se présentait pour l’ancien président du Chabab de Belouizdad de dévoiler son enthousiasme et sa vision réformiste, non sans une certaine fierté, à plusieurs hauts responsables du football. Parmi ces derniers, le Président de la FIFA, M. Gianni Infantino, les responsables de la FIFA et de la CAF, ainsi que plusieurs présidents des fédérations arabes, lesquels ont réitéré leur volonté de soutenir la Fédération algérienne de football dans tous ses projets de développement. Mettant ainsi en avant l’importance de l’Algérie, championne d’Afrique en titre et grande nation du football aux yeux de la FIFA, Infantino est vite tombé sous le charme de l’homme fort du football algérien.
Au menu de son séjour au Qatar, Amara a tenu une réunion de travail avec le Cheikh Hamed AL Khalifa Al Thani, Président de la Fédération Qatarie de football (QFA), le jeudi 29 avril, laquelle a abouti sur un contrat qui vise à renforcer davantage le Mémorandum de collaboration entre les deux entités et leurs relations bilatérales. Autre étape de sa première sortie officielle à l’étranger, une invitation au siège de la Confédération Africaine de Football au Caire avec plusieurs points inscrits à l’ordre du jour de cette importante rencontre, suivie d’un détour au centre de la médecine sportive Aspetar.
« La première réunion a été rapide et la seconde longue et nous avons discuté de nombreux sujets importants. Nous avons étudié le point relatif à la modification des statuts. J’ai trouvé une compréhension de notre position part, qui a compris que nous n’avons temporisé que pour adapter les lois, et il n’y a pas de position hostile de notre part vis-à-vis de la FIFA », a expliqué Amara sur sa rencontre avec Infantino, poursuivant sur son entrevue avec le président de la CAF : « J’ai rencontré le président de la CAF, et nous affirmons que la relation est bonne avec Patrice Motsepe. Nous avons souligné la nécessité pour l’Algérie d’être présente dans les organes de la CAF, et nous lui avons fait remarquer que l’Algérie n’est pas représentée de manière adéquate dans les différentes commissions et organes de l’instance africaine. J’ai demandé directement et explicitement la participation de l’Algérie à toutes les organisations et projets de football africain. Nous avons parlé d’autres sujets, l’équipe nationale et les compétitions continentales, et nous les révélerons en temps opportun » 
Réunion statutaire mensuelle du Bureau Fédéral, Amara marque son territoire
De retour du Qatar, Mr. Amara n’a pas fait dans la demi-mesure au moment d’évoquer son voyage à Doha et les dossiers prioritaires de l’instance fédérale. En présence des nouveaux membres du BF, des présidents de Ligues nationales, du Directeur technique national (DTN) et du médecin fédéral, Amara s’est exprimé sur son souhait de réaliser durant son mandat, un grand pas en avant dans l’épanouissement du football national. Outre son compte rendu sur les travaux effectués à Doha, Amara a saisi l’occasion afin d’exprimer son soutien à la normalisation des relations entre la FAF et les autres institutions. Plusieurs autres points ont été abordés, notamment les ligues nationales, les crises financières des clubs, les contrats des joueurs, la situation sanitaire, le statut de la LFP, ainsi que la répartition des tâches et missions entre les différents membres du Bureau Fédéral. Une réunion qui aura permis de consolider les liens entre les présents, un début prometteur pour l’intérêt du football algérien et son avenir proche.
Renforcer la structure de l’arbitrage, une de ses priorités
Quarante-huit heures après avoir concerté ses membres du BF, le nouveau Président de la Fédération algérienne de football s’est penché sur le volet de l’arbitrage, confiant ce dossier au Dr Mohamed Bichari, vice-président de la Commission fédérale d’arbitrage (CFA), lors d’une réunion de travail avec ce dernier tenue dimanche soir au siège de la FAF. Sachant qu’il sera confronté un jour ou l’autre à cet épineux et éternel dossier qu’est l’arbitrage dans son sens le plus large, Amara a temporisé et commencé par la désignation des membres de la CFA. Aussitôt sollicité par Amara, Bichari a entamé ses consultations pour la constitution du premier noyau qui l’accompagnera dans sa mission, faisant appel à Mohamed Benarous, directeur technique national de l’arbitrage, ainsi que Farouk Houasnia, Safia Ayouni, Ali Bouali et Belkacem Boumaza, en tant que membres. En attaquant sa mission à l’occasion du début de la phase retour du championnat de Ligue 1, Bichari a affirmé : « J’ai déjà pris le train en marche. La désignation des arbitres comptant pour la première journée de la phase retour sera faite par mes soins ; on tentera de mettre les meilleurs à l’heure actuelle.
Les choses sérieuses commencent !
Depuis son retour du Qatar, Amara n’a ménagé aucun effort, lui qui ambitionne d’ores et déjà de mettre tout le monde d’accord sur sa stratégie, et de prendre au sérieux tous ses dossiers en attente. Mercredi dernier, CEA a participé, par visioconférence, et en compagnie du secrétaire général de la FAF, M. Mohamed SAAD, au premier forum sur le développement des talents et des infrastructures en Afrique. Une journée de travail qui s’est poursuivie jeudi, cette fois-ci en concertation avec les secrétaires généraux, les directeurs techniques nationaux (DTN), les directeurs de l’administration et des finances, ainsi que les responsables Marketing. Dans la soirée de jeudi, c’était au tour des présidents des clubs de la Ligue 1 professionnelle d’être conviés à un dîner, à l’hôtel Sheraton Club des Pins, à l’ouest d’Alger. Un repas suivi d’une réunion de travail au cours de laquelle, le Président de la FAF a écouté les dirigeants de clubs sur leurs préoccupations et difficultés, et sur plusieurs sujets, notamment sur les solutions et autres résolutions à prendre pour la survie du football professionnel en Algérie.
Succédant depuis 1962, respectivement à : Maouche Mohand, Benaouniche Mustapha, Benadouda Amar, Abdennour Bekka, Lacarne Belaid, Kezzal Omar, Aissaoui Mouldi, Harraigue Rachid, Laib Mohamed, Diabi Mohamed, Kezzal Omar (second mandat), Raouraoua Mohamed, Haddadji Hamid, Raouraoua Mohamed (second mandat), et enfin Kheireddine Zetchi, Charraf Eddine Amara lance ainsi sa révolution, pour une nouvelle ère du football algérien.
Hamid Si Ahmed

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