Le journal de référence économique, culturelle et sociale à Montréal et au Québec
« Nous avons toujours l’impression que l’opéra a commencé au 20e siècle au Québec, alors qu’en réalité, son histoire a commencé au début de la Colonie, en 1606 », explique Pierre Vachon, musicologue, Directeur des communications et de l’action communautaire et éducative à l’opéra de Montréal, à Radio Canada.
La pièce, « Le théâtre de Neptune », de L’écrivain et voyageur Marc Lescarbot, fût la première manifestation de ce genre, c’est-à-dire le théâtre chanté, même si les débuts musicaux au 17e siècle sont très timides à Montréal. Il faudra donc attendre le 18e siècle, que les Français venus se poser dans la Nouvelle France, amènent avec eux des extraits d’opéra de Jean-Baptiste Lully, le compositeur de Louis XIV, et que les soldats anglais, à la fin du 18e siècle, au moment de la Conquête, montent des opéras-comiques au Québec, pour s’amuser.
C’est le compositeur, violoniste, dramaturge et poète canadien d’origine française, Joseph Quesnel, qui avait réalisé en 1790, le premier opéra canadien, et fort probablement le premier en Amérique du Nord. « Colas et Colinette ou le Bailli dupé », raconte l’histoire d’une bergère (Colinette), pupille de Monsieur Dolmont, qui préfère pour mari (Colas), un jeune berger simple et honnête, au Bailli, prétendant bien établi mais plus âgé et pervers. Au 19e siècle, des troupes américaines et européennes organisent des tournées en Amérique du Nord, et des chanteurs étrangers s’installent à Montréal, dont l’illustre Emma Albani.
Leïle-Marie Chalfoun, la relève lyrique est là !
Soprano rayonnante, formée au Conservatoire de musique de Montréal et à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, Leïla-Marie Chalfoun a fait carrière tout d’abord à l’Opéra de Montréal qui lui a offert ses premiers rôles, et ensuite à New York, Monte Carlo, Italie, en France et dans bien d’autres pays.
En 1998, avec sa sœur Lory, elle crée l’Agence « LM Opéra », qu’elle dirige seule aujourd’hui avec de précieux partenaires, notamment sa nouvelle partenaire de renom Madame Hélène Clermont.
Leïla-Marie est aussi Directrice- Fondatrice du Prestigieux FestivalOpéra des Grandes Laurentides (FOGL), initialement nommé FestivalOpéra de St-Eustache lors de sa création en 2009, avec son ex-conjoint Meti Jori et le député de Deux-Montagnes et Ministre de l’Environnement et des conditions climatiques, Benoit Charette, qui est toujours partenaire majeur du FestivalOpéra des Grandes Laurentides.
Le festival a tenu sa première édition en 2010.
Médailles, prix et succès !
 
Leïla s’est distinguée par un parcours des plus honorables, lequel atteste de tout son talent de cantatrice accomplie, et de tout ce qu’elle apporte à la culture québécoise et canadienne actuellement.
Le 10 mai 2017, M. Benoit Charette – Ministre de l’environnement et Député de Deux-Montagnes, a remis la médaille de l’Assemblée nationale à Leila Marie Chalfoun pour sa contribution et son implication dans le milieu culturel eustachois, ainsi que le 7 mars 2017, un certificat de l’Assemblée Nationale du Québec au FestivalOpéra de St-Eustache, en reconnaissance de son apport inestimable à la qualité de vie des concitoyens.
Leïla a reçu le prix Cèdre et Érable par la Chambre de commerce et d’industrie Canada-Liban à l’occasion de leur grand Gala annuel qui s’est tenu le 28 novembre 2015. Elle a aussi reçu l’Ordre de Saint-Eustache le 23 octobre 2012 et le Prix Cybèle 2011 décerné par la Ville de Saint-Eustache. Le 21 mars 2013, Madame Chalfoun a gagné le prix Arts et Culture de » la femme arabe du Québec » pour l’ensemble de ses réalisations dans le domaine de l’opéra en tant que soprano et directrice artistique.
Tout récemment en avril 2019, elle brillait dans le Récital-Retrouvailles en l’honneur de son maître la pianiste Claudette Denys au FestivalOpéra de Saint-Eustache. En septembre 2018, elle chantait l’hymne national du Canada lors de la Grande ouverture de Lebanese Diaspora Energy au Palais des Congrès.
En tant que fondatrice du FOGL, par quoi étiez-vous le plus motivée lors de sa création ?
Le FestivalOpéra des Grandes Laurentides a été créé par le désir de promouvoir les concerts de fabuleux artistes. En 2009, j’ai eu l’idée avec mon ex-conjoint de fonder le festival car nous avions au départ une Agence d’artistes lyriques que je dirige seule aujourd’hui et renommée l’Agence LM Opéra. Nous avions pensé que le festival dans la magnifique ville de St-Eustache, avec ces lieux féériques tels que le Centre d’art « La petite église » au cachet intimiste, serait idéal pour les récitals, et la grande église de St-Eustache reconnue pour son acoustique unique et « La Promenade Paul Sauvé », idéal aussi pour les concerts gratuits en plein air devant la rivière des Mille-Iles.
Je suis à la base soprano et ai fait une belle carrière dans les années 90- 2000 et ma sœur Lory avait eu l’idée de créer l’Agence autrefois nommée Mulè pour me promouvoir, et par le fait même mes collègues québécois, car il n’y avait pas d’agence lyrique au Québec. J’ai pris la relève de cette prestigieuse agence aujourd’hui nommée LM pour Leila-Marie ou encore « Elle aime l’Opéra ».
Ce qui me motivait surtout était de créer un festival avec de magnifiques productions d’opéra dans la région des Laurentides qui n’en avait pas, et présenter de grands chanteurs d’opéra et bien sûr, assurer la relève lyrique. 
Prévu du 10 au 12 juillet 2020, le festival Opéra Saint-Eustache a malheureusement été reporté à une date ultérieure en raison de la pandémie, une grande frustration pour vous et les organisateurs, n’est-ce pas ?
Oui une très grande tristesse, car nous avions préparé une 11e édition époustouflante avec notre nouveau partenaire l’Orchestre Symphonique de Laval et son chef Alain Trudel. On l’annoncera cet automne et les nouvelles dates sont établies du 9 au 11 juillet 2021. 
Mais cette situation vous a permis de diffuser d’anciens évènements, de mettre en évidence les anciennes créations du FOGL et de refaire un retour vers le passé, un mal pour un bien donc ? 
Exactement, c’est ce que nous faisons présentement et nous avons encore beaucoup de productions et concerts à présenter. Ça me fait chaud au cœur de ressortir tout cela et ça me touche de revoir tous ces magnifiques artistes que nous avons reçu.
D’ailleurs, j’invite votre auditoire à visiter notre site web afin de voir ces productions.
Je suis très heureuse et privilégiée de faire ce métier d’opéra qui est ma passion et de présenter les artistes.
Nous avons reçu de grands noms notamment : notre tête d’affiche Hugo Laporte, Natalie Choquette, Gino Quilico, Chantal Lambert, Etienne Cousineau pour ne nommer que ceux-là… 
Parlez-nous un peu des Récitals de Noël et des Concerts dans les résidences des aînés que vous organisez…de quoi s’agi-t-il exactement ?
Nous avons eu une nouvelle initiative cette année, celles d’apporter nos concerts dans les résidences des maisons pour ainés.
Grâce au support du mécène Monsieur Jacques Marchand, nous avons pu offrir de magnifiques récitals avec de grands artistes, aux ainés qui ont beaucoup apprécié, notamment le pianiste virtuose Jean-Philippe Sylvestre et la fabuleuse harpiste Valérie Milot.
Il est possible de voir plusieurs extraits de ces récitals via notre chaine YouTube dont :
Celui avec la pianiste Maureen Frawley :

Celui avec le pianiste Jean-Philippe Sylvestre : 

Celui avec la harpiste Valérie Milot : 

Parlez nous aussi de toutes les activités du FOGL…
Nous offrons plusieurs activités, la fondamentale est, bien entendu, notre programmation habituelle en juillet qui se déroule en plusieurs jours avec une présentation d’un opéra, des concerts et la présentation des lauréats du Programme des Jeunes Ambassadeurs lyriques.
Outre notre programmation habituelle, nous présentons des concerts en dehors des lieux féériques du Vieux-St-Eustache. Nous allons dans les résidences des ainés, les écoles, les marchés publics entre autres…
La mission de notre festival est de promouvoir l’art lyrique, de le faire connaître et surtout aimer de ceux qui ne connaissent pas cet art.
Nous sommes fiers de vous dire que nous avons développé un nouveau public en dehors des amateurs réguliers d’opéra. 
Dans chacune de vos publications sur les réseaux sociaux et sur votre site web, nous ressentons à chaque fois cette mise en valeur et tous ces éloges envers vos interprètes et vos musiciens. Parlez-nous d’eux…
Je suis en effet très heureuse de présenter nos artistes au FestivalOpéra des Grandes Laurentides notamment le jeune prodigieux baryton Hugo Laporte, la somptueuse Soprano Falcon, la diva Sharon Azrieli, la soprano de renom Chantal Dionne, la jeune soprano sublime Suzanne Taffot, la spectaculaire jeune soprano Eleonora Deveze, les puissantes voix du baryton-basse Enrique Angeles et basseMarcel Beaulieu, le Grand ténor américain Michael Wade-Lee pour ne nommer que ceux-là.
Par le biais de notre agence, qui est un partenaire majeure du FestivalOpéra, nous invitons des grands artistes tel que Jean-François Lapointe, Natalie Choquette, Colin Doroschuk, Claude-Robin Pelletier, la mezzo Julie Nesrallah, Gino Quilico, Jean-Philippe Sylvestre, Valérie Milot et les chanteurs de la relève. On découvre à chaque année par le biais du Programme des Jeunes Ambassadeurs lyriques et de notre partenaire l’Opéra de Montréal et son Atelier lyrique, de merveilleux jeunes chanteurs tels qu’Ana Paula Malagon soprano, Rose Naggar-Tremblay mezzo, Mathieu Abel ténor, Geoffroy Salvas baryton… 
A quelle période historique et à quel style vous identifiez-vous le plus en votre qualité de chanteuse d’opéra ?
J’ai eu la chance de commencer à 22 ans à l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Montréal, où l’on m’a donné ma première expérience professionnelle sur la grande scène de l’Opéra de Montréal. J’ai brillé dans les opérettes et opéras avec des rôles de caractère comme la méchante sœur de Cendrillon et aussi dans des rôles plus romantiques comme Antonia des Contes d’Hoffmann dans notamment la Soirée Offenbach à l’Opéra de Monte Carlo et Rosina du Barbier de Séville au Festival de Catania, entre autre, sans oublier les nombreuses opérettes d’Offenbach sous la baguette de Maestro Yves Abel à l’Opéra Français de New-York. Aujourd’hui à 53 ans et sous la supervision de mon maître Guinka Radilova, j’aime chanter du répertoire vériste italien et surtout la Tosca de Puccini et Adriana Lecouvreur.
Voici un extrait à la maison durant le confinement : 

Vous avez récemment rendu hommage à Monsieur le Premier Ministre François Légault pour son soutien au milieu culturel, sous le slogan « pour que la culture rejaillisse ». Où se situent vos satisfactions et vos déceptions quant à l’émergence culturelle et artistique et sa promotion au Québec et au Canada ?
Nous avons la chance de vivre dans un magnifique pays ou la Culture est mise en valeur. Les artistes québécois sont brillants autant en opéra qu’en musique populaire. Les Gouvernements autant fédéral que provincial soutiennent nos artistes et notre FestivalOpéra des Grandes Laurentides leur en est très reconnaissant.
J’en profite pour mentionner que le député de notre région des Deux-Montagnes et Ministre Benoit Charette a fondé avec moi et mon ex-conjoint notre festival en 2009. Nous avions été voir Benoit avec notre projet et il nous a aidé à réaliser notre festival.
Aujourd’hui, avec cette pandémie qui a ébranlé la planète, nous sommes en arrêt et nous attendons la reprise de nos activités. Notre festival se voit reporté à juillet 2021. D’ici là, nous allons annoncer sous peu des concerts virtuels.
On nous dit de nous réinventer à cause de la distanciation physique et de présenter des vidéos en attendant de retrouver la salle de concert ou on doit apporter des changements. Je comprends l’idée et la protection de la santé des gens avant tout mais j’ai confiance, étant de nature positive, qu’on trouvera une façon de le faire et il faut que ce soit rapide car nous avons besoin de recommencer au plus tôt et dès cet automne. Oui, on peut faire des vidéos à la maison mais on a besoin absolument du rapport de l’artiste sur scène et public en salle. Cette interaction entre l’artiste et le public est fondamentale. C’est là l’importance de l’art lyrique. 
Quels sont vos projets pour l’avenir en tant que Présidente du FOGL ?
Nous avons de grands projets avec notre nouveau partenaire l’Orchestre Symphonique de Laval et son brillant chef Alain Trudel.
Nous allons présenter de magnifiques grands opéras sous sa direction non seulement à St-Eustache mais aussi à St-Jovite en partenariat avec le Festival Stradivaria. Nous allons présenter par la suite nos opéras un peu partout dans les Laurentides, et c’est pourquoi nous avons changé le nom pour Grandes Laurentides, mais la base reste bien entendu, notre ville de St-Eustache qui a vu naître notre Festival.
Nous avons aussi un autre grand partenaire : le Chœur de Laval et son chef Dany Wiseman que je représente avec fierté au sein de mon agence LM Opéra. 
Un message particulier à transmettre à vos fans et à tous les amoureux de l’opéra ?
Le message est le suivant : venez voir nos magnifiques opéras et concerts, nous avons hâte de vous recevoir !
D’ici à la reprise de nos activités, nous vous invitons à nous suivre sur notre site web et sur nos réseaux sociaux où nous sommes très actifs.
Merci pour cette interview et au plaisir de vous recevoir à notre prochaine édition du 9 au 11 juillet 2021, sans oublier nos concerts virtuels en juillet 2020, le mois prochain ! 
Propos recueillis par Hamid Si Ahmed

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